Lecture

Sa Majesté des Mouches, William GOLDING

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Titre: Sa Majesté des Mouches

Auteur: William Golding

Parution: 1956

Edition: Folio

Résumé:

Un avion s’écrase sur une île, en plein océan Pacifique, avec à son bord un groupe d’écoliers anglais issu de la haute société. Aucun adulte ne survit au crash et les enfants se trouvent livrés à eux-mêmes.

Le livre commence par le rassemblement des enfants survivants sur l’île, autour du personnage principal de l’histoire, Ralph, qu’ils élisent tout de suite comme chef de leur tribu. Il apparaît alors comme le garçon le plus mature, celui qui est capable, du moins en apparence, de prendre les meilleurs décisions pour les enfants. Il est comme un « substitue » d’adulte, l’ombre d’un parent pour les autres enfants. Chaque enfant dans l’île a sa propre personnalité, et ils forment à eux tous un reflet de la société moderne. Ralph incarne ainsi le leader, il représente les idéaux de la société — l’ordre, la sécurité, la démocratie, l’égalité — et il tente d’inculquer le sens des responsabilités et de la discipline au groupe. Contrairement aux autres enfants, il met tout en œuvre pour qu’on vienne les secourir.

Un deuxième personnage notable est un dénommé « Porcinet ».  Je dois avouer qu’il est le personnage qui m’a le plus touché dans l’oeuvre, que ce soit par sa fragilité, sa timidité, sa détresse. Il est le souffre-douleur du groupe, celui dont on se moque toujours. C’est un garçon intelligent, avisé et qui a un grand sens pratique, mais qui n’arrive jamais à se faire écouter à cause de son obésité, de son asthme et de sa myopie. Il réussit cependant à se rapprocher du pouvoir en se liant d’amitié avec Ralph, dont il devient très proche. Ce personnage est à lui seul une sorte d’anaphore. Il est une image parfaite de l’intelligence, que ce soit par la présence de ses lunettes (signe du savoir) sans lesquelles il ne voit rien, ou encore la caricature du parfait premier de la classe, très intellectuel mais peu doué pour tout ce attrait à l’activité physique.

L’apparente utopie qui inondait les lieux se fragilise durement et on aperçoit de plus en plus les limites de la situation présente. Pourtant, dès le départ, des signes nous montrent que l’île et la situation des enfants est dangereuse. Avec le temps, justement, la société qu’incarne Ralph va s’effriter au profit de la cruauté et de l’instinct sauvage.

La société et l’espoir de retourner à une vie normale fini par laisser sa place au plaisir pur de tuer, de chasser, d’être libre sans barrière. « Oeil pour oeil, dent pour dent » n’aura jamais eu autant son sens que dans ce livre.

Mon avis: ★★★★☆! C’est un très bon roman que j’ai dévoré en à peine deux jours. Littéralement plongée dans l’action, je n’ai pas vu le temps passer. J’ai trouvé ce roman simple: il conjugue parfaitement plusieurs thème tels que la dystopie, la société, la démocratie, la lutte pour le pouvoir, le comportement humain. La dimension philosophique est telle qu’il est plaisant de lire tout en s’interrogeant sur le comportement de chacun des personnages. Si ce qui fait la nature humaine disparaît (la société, la démocratie, les règles, les lois, l’amitié, la conscience, le savoir, la confiance) que reste t-il alors à l’homme?

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